- Si
vous vous asseyez, à Hoëdic au vieux port,
- Au bout de la jetée, le
soir, quand tout s’endort ;
- Et que la lune est là,
tel le poète a dit :
- Sur le phare jauni,
comme un point sur un i !
- Que le banc de rocher
apparaît menaçant,
- Flanqué de sa tourelle
dans le rayon d’argent !
- Non, vous ne pouvez
pas, ne pas être touché ;
- Cette île est
merveilleuse c’est une île enchantée
- Puis en vous
détournant, c’est la plage dorée
- Qui s’étire alanguie
sous le chant des grillons,
- Pendant qu’un doux
zéphyr fait frissonner l’ajonc
- Et le long des bateaux
un léger clapotis
- Met la dernière touche
à cette symphonie.
- Le village blafard
surplombe le spectacle
- Non, vous ne pouvez pas
rentrer à l’habitacle,
- Vous êtes sous
l’emprise de l’étrange sirène.
- Mais ne vous fiez pas à
l’allure sereine,
- Car le rocher est là,
et ici, et partout
- Affleurant l’eau à
peine comme la faux de l’Ankou
- Prêt à vous transpercer
et bateaux et marins
- Prêt à vous engloutir
et garder son butin.
- Et pourtant si un jour,
vous désirez la voir
- Allez-y pas à pas et
sachez bien entrevoir,
- Caressez en le tour,
apprenez-en le rite
- Car la sauvage Hoëdic,
elle veut qu’on la mérite.