LES
COPAINS D’ABORD
- 1-
- Non
ce n’était pas le radeau de ma Méduse ce bateau
- Qu’on
se le dise au fond des ports, dis’au fond des ports ;
- Il
naviguait en Pèr’Pénard, sur la grand mare des canards
- Et
s’appel’ait : les copains d’abord, les copains d’abord
-
- 2-
- Nec
fluctuat, nec mergitur, c’était pas d’la littérature
- N’en
déplais’ au jeteur de sort, au jeteur de sort
- Son
capitaine et ses mat’lots n’étaient
pas des enfants d’salaud
- Mais
des amis franco de port, des copains d’abord
-
- 3-
- C’étaient
pas des amis de lux’, des petits Castor et Pollux
- Des
gens de Sodom’ et Gomorrh’, Sodom’ et Gomorrh’
- C’étaient
pas des amis choisis par Montaigne et la Béotie
- Sur
le ventre, ils se tapaient bien fort, les copains d’abord
-
- 4-
- C’étaient
pas des anges non plus, l’Evangil’ ils l’avaient pas lu
- Mais
ils s’aimaient tout’ voiles dehors, toutes voiles dehors
- Jean-Pierre,
Paul et compagnie, c’était leur seule litanie
- Leur
credo, leur confiteor, aux copains d’abord
-
- 5-
- Au
moindre coup de Trafalgar, c’et l’amitié qui prenait l’quart
- C’et
elle qui leur montrait le nord, leur montrait le nord
- Et
quand ils étaient en détress’, qu’leur bras lançaient des SOS
- On
aurait dit des sémaphores, les copains d’abord