- LE
TURBOT D’HOEDIC
-
- 1-
Ah ! plaignons le destin
- Des
poissons, c’est certain.
- Les
poisons quand ils ont le cœur atteint
- Ne
peuvent noyer leur chagrin
- Écoutez
l’histoire aquatique d’un turbot et d’une bernique
- Ah !
comme elle l’aimait son turbot coquet
- Qui,
lui, jamais ne turbinait la pauvre bernique,
- Car
c’était elle qui lui gagnait son fric
- Au
beau turbot qui faisait l’barbot !
- 2-
Elle faisait le trottoir
- Sur
la plage, un beau soir
- Près
d’elle un bigorneau vint s’asseoir
- Qui
lui murmura plein d’espoir
- Je
suis pincé pour ta coquille si maman veut de toi pour belle-fille
- Nous
nous marierons, tontaine et ton-ton
- Justement
tonton c’est un thon
- La
pauvre bernique
- Elle
oubliait son turbot d’Hoëdic
- Qui
en vrai maquereau a bigorné le bigorneau !
- 3-
Ce n’est plus un secret
- Le
turbot la trompait
- Il
se mit à aimer une raie
- Pour
la façon dont elle s’coiffait !
-
A cette intrigante, la bernique, lui fit
une scène pathétique
- Et
même un beau soir, qu’elle allait le voir
- Elle
a mis la raie au beurre noir
- La
turbot d’Hoëdic
- Il
la bernait cette pauvre bernique
- Il
lui dit plaintif : la raie, c’est facultatif.
- 4-
La bernique, le cœur gros
- La
bernique d’Hoëdic
- Sous
la douleur succomba bientôt
- On
l’a mise sous le sable chaud
-
Le turbot fut seul, mais « bernique »
- comme
il connaissait la musique
- Il
trouva bientôt, pour faire son boulot
- Une
sole, qu’il mit sur le dos. Le turbot d’Hoëdic
- Avec
sa sole coule des jours magnifiques et l’soir au dodo
- Sur
son banjo … joue « sole-mio »